1. La récente scission au sein du Socialist Workers Party (SWP), section officielle
de la IV° Internationale aux États-Unis, a été l'aboutissement d'une tentative
opérée par une minorité petite-bourgeoise pour la révision du programme
fondamental de la IV° Internationale sur la défense inconditionnelle de l'Union
Soviétique, et du refus de cette minorité de respecter les décisions de la majorité
lors du congrès convoqué pour trancher ce litige.
2. En essayant de remettre en cause notre programme sur la question de la défense
inconditionnelle de l'URSS sans pour autant lier son projet de révision à la
question de la nature de classe de l'Union soviétique, État ouvrier dégénéré, dont
la IV° Internationale a produit une analyse exhaustive, l'opposition petite-
bourgeoise s'est rendue coupable d'une révision fondamentale de la
méthodologie marxiste. En ce qui concerne James Burnham, dirigeant
idéologique de ce groupe, cette tentative révisionniste a été poussée jusqu'au
rejet total des principes de base du socialisme scientifique, tels qu'ils ont été
exposés par Marx et Engels et développés ensuite par Lénine et Trotsky.
3. Cette tentative de révision de nos principes fondamentaux a été entamée par
l'opposition petite-bourgeoise aussitôt après la signature du pacte Hitler -
Staline et s'est accélérée après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale,
montrant ainsi à l'évidence que la force qui jetait les éléments petits-bourgeois
du parti dans l'opposition à la IVe Internationale n'était autre que la pression de
guerre de la démocratie bourgeoise.
4. Non seulement l'opposition petite-bourgeoise a tenté de remettre en cause les
principes fondamentaux et l'orientation de la IV° Internationale, mais elle a aussi
tenté de revenir sur les méthodes organisationnelles bolcheviques. L'opposition
a participé au congrès d'avril du SWP, reconnaissant ainsi l'autorité et la validité
du congrès. Néanmoins, elle a rejeté les décisions de la majorité et, en flagrante
violation du centralisme démocratique, a lancé son propre organe de presse qui
attaquait publiquement la IV° Internationale.
Considérant le débat qui avait précédé, mené dans la démocratie la plus totale
suivant les meilleures traditions du bolchévisme, et considérant les garanties
accordées à la minorité pour se maintenir, avec la possibilité de développer ses
positions dans le Bulletin intérieur après la clôture du congrès et d'avoir des
responsabilités dans toutes les instances de direction, sans considération des
positions soutenues par les membres de l'opposition et sans les sanctionner pour
leurs infractions antérieures à la discipline du parti, ce reniement des décisions
du congrès par les membres de l'opposition et leur départ du parti ne peuvent
être interprétés que comme une preuve supplémentaire de la nature petite-
bourgeoise de cette opposition.
La conférence extraordinaire de la IVe Internationale appuie les mesures de
suspension prises par la section américaine de la IV° Internationale contre tous
ceux qui ont violé les décisions du congrès d'avril.
La conférence suggère au Comité national du SWP de fixer un délai précis d'un
mois après la publication des décisions de la conférence au cours duquel les
militants suspendus doivent exprimer leur acceptation des décisions du congrès
sous peine d'exclusion inconditionnelle du parti.
5. La conférence extraordinaire de la IV° Internationale considère la lutte de la
majorité prolétarienne du SWP comme une lutte pour la défense du programme
de la IVe Internationale, de ses fondements théoriques marxistes, comme de ses
principes d'organisation bolcheviques. La conférence appelle toutes les sections
de la IV° Internationale à se solidariser avec le SWP dans cette lutte.