Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Résolution de la Préconférence américaine sur la section canadienne

1938 · La conférence de fondation de la IVe Internationale (3 septembre 1938) · 906 mots

In English: Resolution on the Work of the Canadian Section — texte anglais publié à l’époque.

1. La Préconférence panaméricaine et du Pacifique, après examen du rapport des

délégués canadiens, salue la fusion heureuse de la majorité avec le noyau actif de

la minorité sur la base d'un programme d'action adopté pendant le congrès de

Chicago.

2. La Préconférence approuve l'action entreprise par les camarades canadiens en

formant un groupe politique socialiste (GPS) déclaré dans la Fédération

coopérative du Commonwealth (CCF) sur la base d'une déclaration sur la

question de la guerre.

3. La Préconférence, après discussion avec les délégués canadiens, propose le plan

d'action suivant pour l'avenir immédiat :

a. Les camarades canadiens doivent continuer à concentrer leurs efforts

principaux sur le travail dans la CCF, en agissant par une lutte politique et

programmatique complète en vue du congrès national de la CCF, avec la

perspective de compléter l'expérience dans cette organisation réformiste en

déclin et de réorganiser la section canadienne de la IV° Internationale.

Les pertes d'adhérents et l'activité déclinante de la CCF ont augmenté le

poids spécifique des éléments petits-bourgeois et la cristallisation d'une

bureaucratie droitière. Tandis que notre ligne générale est orientée vers un

rapide rétablissement d'une section canadienne de la IV° Internationale, la

possibilité subsiste de continuer un travail concerté dans la CCF dans les

provinces où les conditions objectives sont plus favorables qu'à Ontario.

b. Les camarades doivent se consacrer à renforcer notre fraction dans la CCF et

le groupe par une éducation systématique et l'action disciplinée et concertée

dans tous les domaines de leur activité. Le groupe politique socialiste attirera

certainement quelques éléments centristes confus qui, à une étape

ultérieure, spécialement lors d'une scission, s'opposeront à notre

programme. Par conséquent il est d'une grande importance de combiner le

travail d'éducation de nos nouveaux adhérents avec une vigilance

révolutionnaire vis-à-vis du centrisme.

c. Les camarades doivent sans tarder faire des tentatives pour développer le

groupe politique socialiste en une tendance nationale dans la CCF, en

établissant le travail commun avec nos camarades de Vancouver, de

Winnipeg et d'ailleurs.

d. Les camarades doivent élaborer des documents politiques du GPS afin de

constituer une ligne de démarcation entre les réformistes, les centristes et

eux-mêmes sur tous les problèmes importants, nationaux et internationaux.

e. La Préconférence exprime la ferme croyance que cette activité doit être

réalisée grâce à un bulletin régulier imprimé ou ronéotypé (chaque semaine

ou deux fois par mois) plutôt que par des bulletins occasionnels. On doit

donner un nom à ce bulletin qui pourra ultérieurement être utilisé comme

organe de l'organisation indépendante, de façon à continuer la tradition de

notre lutte révolutionnaire dans la CCF. Les camarades de Vancouver doivent

être invités à collaborer à la création de cet organe.

f. Étant donné la possibilité d'une attaque organisationnelle prématurée de la

part de la bureaucratie de la CCF, nos camarades doivent être prêts à

répondre à toute manœuvre organisationnelle en montrant énergiquement

le fond politique des questions, afin d'établir clairement l'essentiel de notre

position de principe. L'expérience de nos camarades français, belges et

américains doit être étudiée sous ce rapport.

4. Il est tout à fait probable que l'organisation dans une organisation indépendante

ne se fasse pas avec des forces suffisantes pour rendre possible la création

immédiate d'un parti, mais seulement d'un groupe de propagande élargi. Des pas

préparatoires pour la nouvelle activité de ce groupe doivent être faits dès

maintenant.

a. En systématisant et en étendant notre travail syndical mené par une

collaboration amicale et une ferme application du centralisme démocratique

entre le Comité international exécutif et les militants syndicaux.

b. Étant donné le ferment existant dans les rangs staliniens, il faut faire des

efforts pour établir les contacts dans leurs organisations dans un but

d'information et, si possible, de travail fractionnel organisé. Le nouvel organe

du GPS doit mener une vigoureuse et persévérante campagne contre le

stalinisme, tel qu'il apparaît dans la CCF et en dehors. Les possibilités de

meetings publics contre les staliniens doivent être aussi examinées, en

exploitant la « démocratie » de la CCF jusqu'à ses plus extrêmes limites.

c. Concernant le groupe Field, la Préconférence considère que la discussion

politique avec ce groupe ne peut avoir lieu qu'en se tenant sans équivoque

sur la plate-forme et les principes de la IVe Internationale. Tandis que nos

discussions politiques avec les membres de la CCF ont besoin d'être

conduites dans un esprit d'éducation patiente, le but de toute action relative

au groupe sectaire et fossilisé de Field doit être d'en gagner les éléments

progressifs et de l'affaiblir. Les progrès de notre travail dans la CCF et le

rétablissement ultérieur d'un groupe indépendant, lié à la fondation de la IVe

Internationale à la conférence prochaine, placeront nos camarades dans une

bonne situation pour gagner les éléments progressifs du groupe Field' grâce

à une attaque politique énergique contre leur stérilité et leur isolement

international. Bien que la nécessité du front unique d'action occasionnel ne

soit pas exclue, elle ne doit pas être étendue au point de redonner du prestige

fictif à la direction de ce groupe stagnant.

5. Au sujet du développement possible de l'Association pour les relations ouvrières,

la Préconférence suggère que l'on prépare une information ultérieure et que des

discussions aient lieu au Canada comme à New York pour prendre une position

définie. Il faut agir de la même façon pour apprécier les possibilités d'appliquer

aux conditions canadiennes un programme d'action élaboré d'après les thèses

internationales (le programme de transition) adoptées par la section américaine

lors du Plénum du Comité national d'avril.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 254–256 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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