A l'ordre Au jour du prochain Congrès Mondial de la IV* Internationale est la question de la révolution coloniale après la fin de la deuxième quorre mondiale. Ce sujet embrasse les pays les plus divers qui ont une caraciéristique commune, un statut colonial ou semi-colonial. Le Comité Exécutif International a décidé que le texte sur cette question serait constitué par une introduction générale qui serait suivie par une série d'études (analyse, perspectives) relatives à des pays ou à des zones présentant des caractéristiqus plus particulières (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afrique noire, Inde, Birmanie, Indonésie, Amérique latine, etc.). Ces textes particuliers seront préparés au cours da la période préparatoire au Congrès. La discussion sur cette question s'ouvrira sur l'introduction générale adoptée par le Comité Exécutif International, que nous reproduisons ci-après.
1: — Le fait dominant dans le monde. depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, est Ja révolution coloniale qui englobe dans son mouvement les trois-quarts de la population de la terre, et qui se développe sur tous les continents qui ont été colonisés.
La première guerre mondiale et la victoire de la Révolution d'Octobre avaient contribué à l'éveil des peuples colonisés, particulièrement en ASIE. L'Internationale Communiste attira, pour la première fois, l'intérêt du mouvement ouvrier métropolitain sur lés soulèvements des peuples coloniaux comme élément de la lutte pour la révolution mondiale et formula les principes de la tactique et de la stratégie communistes dans les mouvements des masses coloniales.
Dans les douze années qui viennent de s’écouler: depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la révolution coloniale a connu une ampleur croissante et continue à déferler sur toutes les régions qui furent colonisées dans les siècles passés. (ASIE, MOYEN-ORIENT, AFRIQUE, AMERIQUE LATINE...).
La révolution coloniale a triomphé en 1949 comme révolution prolétarienne en CHINE, puis en COREE du NORD et au NORD-VIETNAM.
La victoire de la révolution en CHINE a énormément contribué à déplacer le rapport des forces sociales et l’a établi désormais en faveur des masses et de la cause du socialisme à l'échelon du monde.
Les mouvements révolutionnaires qui ne cessent de se poursuivre non seulement attestent ce déplacement du rapport de forces global mais, dans de nombreux cas, l'ont encore accentué dans un sens plus défavorable à l'impérialisme et plus favorable aux masses et à la révolution mondiale. Les défaites subies par les masses n'ont été que partielles et limitées.
La révolution coloniale a placé l'impérialisme mondial — en dépit de sa supériorité technique et matérielle présente — dans une situation qui, en dehors de tentatives pour contenir ou repousser la révolution coloniale sur des secteurs restreints, n’a d'autre perspective pour lui que la troisième guerre mondiale contre l’alliance Etats ouvriers-Révolution coloniale pour rétablir globalement son équilibre désormais rompu.
Dans ce sens, les deux grands impérialismes du 19° siècle, Grande-Bretagne et France, acculés aujourd’hui dans leurs derniers retranchements, ont montré cette tendance en engageant la guerre en EGYPTE, dans un effort désespéré.
La révolution coloniale met en mouvement les masses les plus arriérées économiquement et culturellement, en vue de leur faire franchir dans des délais historiquement courts le chemin jadis parcouru par les pays capitalistes avancés de l'Europe occidentale et le chemin de la construction de la société socialiste. Si, sur le plan politique, la victoire de la révolution en CHINE et la progression de la révolution coloniale ont désormais assuré la victoire de la révolution mondiale dans le choc décisif que sera la 3 guerre mondiale, les problèmes économiques et culturels posés par cette propulsion de la très grande majorité de l'humanité ne pourront être résolus qu'avec la victoire de la révolution dans les pays capitalistes les plus évolués.
En déplaçant le rapport des forces mondiales en faveur des masses, la révolution coloniale a entraîné en conséquence une modification des rapports de force entre les masses et les bureaucraties — que ce soit la bureaucratie dirigeante du Kremlin et ses serviteurs, ou les bureaucraties réformistes. Elle a donc puissamment contribué à la crise du régime bureaucratique dans les Etats ouvriers et des vieilles directions ouvrières dans le monde capitaliste.
Sur le plan théorique, la révolution coloniale a apporté une vérification éclatante de la théorie de la révolution permanente, vérification forte du poids de 600 millions de Chinois dans l'histoire actuelle, et a fait pénétrer déjà des parties de cette théorie dans la pensée de communistes à formation stalinienne. Elle a aussi enrichi cette théorie, et par conséquent le marxisme.
2. LA REVOLUTION COLONIALE EST UNE PARTIE INTEGRANTE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE a) En raison de son développement propre.
La marche de la révolution chinoise — depuis 1911 jusqu'en 1949 — a montré, tant par les lourdes défaites qu’elle a connues que Eu sa victoire finale, qu'il n’y a pas, dans la structure du monde actuel, de possibilité d’une étape démocratique bourgeoise de la révolution coloniale, c’est-à-dire qu'il n’existe pas de possibilité pour la bourgeoisie indigène d'accomplir les tâches fondamentales de la révolution démocratique (indépendance nationale économique et politique, unité nationale, réforme agraire) et d'instaurer un régime bourgeois stable dans lequel les forces productives connaitraient une longue période de développement, à la manière des révolutions des 17, 18° et 19° siècles,
En dépit de variations du rythme de progression résultant surtout, comme on le verra plus loin, du rôle joué par le gouvernement soviétique et les directions de partis contrôlés par lui, la marche de la révolution coloniale dans le monde ne trouve aucune solution effective sous une direction bourgeoise et sa victoire ne peut être assurée que par une direction prolétarienne.
À ce sujet, la comparaison la plus éclatante est donnée entre la CHINE-et l'INDE : entre la Chine, où la révolution se poursuit sous une direction ouvrière (très empirique et opportuniste) et l'Inde, où la bourgeoisie indigène dirigeante dispose à présent de l'appui financier de l'impérialisme et de l'aide politique et matérielle du gouvernement soviétique. Une telle comparaison aboutit aux conclusions suivañtes :
— L'Inde n’a pas résolu les tâches essentielles de la révolution démocratique : l'indépendance politique a été acquise, mais pas l'indépendance économique ; l'unité nationale n’est pas achevée ; la réforme agraire n’a pas été effectuée ;
— Le régime bourgeois de l'Inde ne présente aucune stabilité réelle et durable; il se prolonge avant tout grâce aux traditions et à l’autorité du parti du Congrès, acquises dans les luttes anciennes contre l'impérialisme britannique, et à la personnalité de Nehru;
— Le dévelonpement des forces productives en Inde est bien moindre que celui de la Chine, alors que ces deux pays se trouvaient à l'origine à des niveaux comparables (la Chine étant même à un niveau inférieur) et que l'Inde ne ren-contre pas d'obstacles majeurs dans ses relations tant avec le monde capitaliste qu'avec les Etats ouvriers, à la différence de la Chine qui subit un boycott des Etats-Unis ;
_—— L'Inde ne pourra s'ouvrir la voie vers un développement de ses forces productives comparable à celui de la Chine que par le bouleversement du régime capitaliste et la réalisation de la réforme agraire.
Dans tous les pays qui, depuis la fin de la 2 guerre mondiale, ont accédé à l'indépendance politique formelle, ce changement d'ordre politique a rapidement dissipé les illusions sur « l'unité nationale » de toutes les couches sociales, et les masses ont aussitôt mis en avant avec vigueur, en opposition aux objectifs de la bourgeoisie indigène, leurs revendications propres, sans lesquelles l'indépendance nationale ne serait qu’une forme vide pour elles.
Dans tous les mouvements coloniaux est apparu ce que Nasser a dépeint empiriquement comme la marche simultanée de « deux révolutions », c’est-à-dire, en termes marxistes, le caractère permanent de la révolution coloniale.
Les peuples coloniaux ne revendiquent pas seulement une égalité formelle de droits avec les nations occidentales. A l'égalité politique, et pour que celle-ci ne soit pas une forme dépourvue de substance, ils ajoutent l'égalité des conditions d'existence. C'est pourquoi dans tous les pays coloniaux et semi-coloniaux l’idée de l’industrialisation exerce une influence profonde sur toutes les couches de la population. De ce. fait, et du fait du processus d’industrialisation qui commence à s’opérer même dans le cadre colonial, les positions du prolétariat des colonies se renforcent et celui-ci pourrait plus aisément revendiquer et obtenir la direction de la lutte, s’il n'y avait la trahison stalinienne et réformiste pour le mettre à la remorque de la bourgeoisie indigène,
La deuxième loi de la révolution permanente (transformations révolutionnaires et développement par bonds dans tous les domaines après l'établissement du pouvoir posa se trouve à présent confirmée en CHINE, comme elle l'avait été en
À ce sujet, le rythme du développement économique dans les pays coloniaux et semi-coloniaux après la victoire sur l'impérialisme dépend dans une large mesure de l’aide que peut leur apporter la révolution victorieuse dans les pays industriellement avancés. La tâche formidable de la révolution coloniale, c'est d'assurer en un temps relativement court à près de deux milliards d'êtres humains un niveau d'existence de l'ordre de celui que possèdent à présent quelques centaines de millions de personnes, condition indispensable pour pouvoir aborder vraiment la construction du socialisme, Si ces pays sont obligés de résoudre ces problèmes essentiellement avec leurs propres forces ou avec une aide inévitablement réduite de l'U.R.S.S. — et tel est encore le cas pour la Chine — ils ne pourront le faire que lentement, avec de grands sacrifices et des dangers de déformations bureaucratiques, même sous une direction authentiquement révolutionnaire.
b) Par ses effets sur la stabilité des régimes capitalistes dans les métropoles.
Dans une période où la lutte révolutionnaire des masses européennes a été freinée par les directions social-démocrates et staliniennes, où la poussée révolutionnaire de 1944-1945 a pu être contenue en raison d’une part du soutien américain aux forces bourgeoises, et d'autre part de l'impuissance des partis communistes orientés sur les objectifs de la diplomatie du Kremlin, le monde capitaliste dans les métropoles même n’a pas pu rétablir une stabilité économique et politique durable à cause des efforts qu'il devait dépenser contre la révolution coloniale.
L'extension de la révolution coloniale n'a pas seulement affaibli l'économie des pays impérialistes, elle a aussi constitué un frein efficace à l'extension des exportations de capitaux, causant ainsi une pléthore de capitaux dans certains pays (ETATS-UNIS, SUISSE, BELGIQUE, en partie GRANDE-BRETAGNE et ALLEMAGNE) et un retard persistant de l'industrialisation, même de type colonial, de certaines régions du monde, ce qui accentue à la fois la crise des pays coloniaux et la crise du système capitaliste mondial dans son ensemble.
Ce sont évidemment les deux grandes puissances colonialistes du 19° siècle, la GRANDE-BRETAGNE et la FRANCE, qui ont subi les effets les plus importants de la révolution coloniale.
Le capitalisme britannique, malgré une politique relativemenu souple dans un grand nombre de territoires de son ex-empire, a perdu position sur position, tant du point de vue stratégique qu'économique. Dans le MOYEN-ORIENT se trouve posée une question de vie ou de mort pour son commerce et son industrie, pour son existence comme pays capitaliste.
L'impérialisme français depuis 1946 n'a.pas cessé un seul jour d'être en guerre avec des peuples colonisés. Il a cédé ses positions en EXTREME-ORIENT et se bat le dos au mur en AFRIQUE du NORD, la défaite en ALGERIE entraînant l'écroulement de son empire africain. Les guerres coloniales grèvent lourdement le budget. Des centaines de milliers d'hommes sont mobilisés pour elles. L'armée a été po nent entamée dans son moral. Le capitalisme français n’a survécu que grâce l'aide des Etats-Unis et à la politique désastreuse et criminelle des directions du P.C.F. et du PS.
Quant à l'impérialisme américain qui bénéficie encore d'un équilibre social depuis longtemps disparu en Europe, toute sa structure économique se trouve minée par le fait qu'il n’a pas de réelles perspectives d'expansion en raison de la révolution coloniale, II ne peut pas trouver, comme la Grande-Bretagne du 19: siècle, les débouchés adéquats à ses forces productives. Alors que celles-ci sont considérables, il se trouve en face d'un monde capitaliste qui se réduit, et c'est seulement aux dépens de ses « alliés » qu'il a des possibilités restreintes d'expansion. En outre, même aux Etats-Unis, sur le plan politique et social, la première source d'’instabilité est constituée par le mouvement de revendication des Noirs qui, dans une grande mesure, est influencé par les succès des mouvements d’émancipation des peuples colonisés.
En résumé, tant par la logique de son propre développement que par ses effets sur la stabilité des régimes capitalistes dans les métropoles, la révolution coloniale est partie intégrante de la révolution socialiste mondiale et, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à ce jour, elle a constitué l'élément le plus important dans la révolution mondiale.
3. LES DIRECTIONS ACTUELLES DES REVOLUTIONS COLONIALES
La révolution coloniale se développe à des rythmes différents et sous des directions diverses quant à leur nature de classe, suivant les pays.
En CHINE, dans une partie de la COREE et du VIETNAM, elle a triomphé sous une direction ouvrière d'origine stalinienne.
A CEYLAN, elle progresse sous une direction marxiste révolutionnaire.
En BOLIVIE, ses chances et ses succès dépendent avant tout de la capacité de la direction marxiste révolutionnaire à remplir son rôle de manière efficace.
Dans la plupart des cas, même là où existent des formations politiques ouvrières assez puissantes, elle se trouve à présent sous une direction bourgeoise ou petite bourgeoise.
Les causes de cette situation résident beaucoup moins dans les conditions objectives spécifiques des pays coloniaux ou semi-coloniaux (jeunesse ou faiblesse du pro-
QU ATRI EME ” INTERNATIONALE létariat, poids de la paysannerie et des classess moyennes indigènes) que dans la politique des directions ouvrières des métropoles, réformistes ou staliniennes, et dans la politique du Kremlin. Elles préconisent dans les colonies l'alliance des ouvriers et des masses paysannes et petites bourgeoises pauvres avec la bourgeoisie indigène sous la direction de celle-ci et sur son programme. Staliniens et réformistes ont enfin paralysé les travailleurs des métropoles au lieu de les appeler à des actions de solidarité envers des peuples coloniaux. Dans ces conditions, ceux-ci ne voient pas encore dans le socialisme, le commumisme, une réponse à leurs besoins, et tendent à se tourner vers des idéologies formulées par les leaders bourgeois ou petits bourgeois (justicialisme, panarabisme, etc...).
4. : LES PAYS COLONIAUX ET LA SITUATION INTERNATIONALE
Au cours dés années d'après-guerre, entre la Coalition atlantique des pays impérialistes et l'alliance des Etats ouvriers, les pays à structure coloniale qui ont accédé à l'indépendance politique formelle en ASIE et en AFRIQUE ont constitué le bloc de: Bandoeng qui cherche à tirer le maximum de profit économique et politique de l'équilibre précaire qui s’était:établi entre l'Est et l'Ouest et de leur antagonisme.
Les Etats latino-américains ont beaucoup moins bien réussi à constituer un bloc. Is n’hésitent pas à utiliser à leur profit les rivalités économiques inter-impérialistes sur leur continent. A l’occasion, ils manifestent leurs sympathies envers les gouvernements bourgeois des pays du bloc.de Bandoeng contre les visées impérialistes, mais il sont nettement alignés derrière l'impérialisme américain contre l'U.R.S.S., étant d’ailleurs liés à lui par un réseau d'accords économiques, politiques et militaires dans l'Organisation des Etats Américains, précisément à cause de la peur que leur inspirent Le sympathies grandissantes des masses latino-américaines envers l'U.RS.S: et la Chine.
a) La politique des impérialistes.
Les impérialistes ont eu une politique différenciée suivant les régions et variable avec le temps.
Tandis que la GRANDE-BRETAGNE accordait l'indépendance politique formelle à l'INDE, à CEYLAN et à la BIRMANIE dès le lendemain de là guerre, partout ailleurs les impérialistes s’efforçaient de défendre chacun leurs propres positions (HOLLANDE en Indonésie, FRANCE au Vietnam, GRANDE-BRETAGNE en Malaisie). D'autre part, les ETATS-UNIS, tout en affectant d'accorder l'indépendance formelle aux. PHILIPPINES, y consolidaient un régime complètement à leur soumission.
En EXTREME-ORIENT, les Français et les Hollandais ont perdu leurs positions essentielles. La Grande-Bretagne ne maintient qu’une domination précaire en Malaisie.
Economiquement ce sont les ETATS-UNIS qui tendent à supplanter les anciens impérialismes déchus. L'impérialisme américain qui, en raison de sa puissance écrasante par rapport aux vieux impérialismes et de son rôle dirigeant dans la coalition impérialiste, à prôné une politique de « modération » et-de « compréhension » pour associer les bourgeoisies indigènes dans la lutte générale contre la révolution socialiste montante, n’en à pas moins montré en AMERIQUE LATINE (Guatémala, Argentine...) qu’il est tout disposé à organiser des opérations de force là où il lui apparait que ses intérêts vitaux peuvent être affectés par un mouvement de masse que ne pourrait endiguer la bourgeoisie indigène, ou lorsque des ailes de la bourgeoisie s'écartent de façon dangereuse de son orbite. Il a montré en COREE et dans sa politique à l'égard de l'IRAN, qu'il n’hésitera pas à agir ainsi en n'importe quel point du globe.
Au cours des toutes dernières années, les impérialistes français et anglais qui voient leurs derniers retranchements d'Afrique menacés, ont eu une politique différenciée dans ce continent, accordant — sous une pression irrésistible — l’indépendance à une bourgeoisie indigène plus ou moins développée (MAROC, TUNISIE, TOGO, COTE DE L'OR...), mais se livrant à une répression forcenée dans les pays qui occupent des positions stratégiques (Kenya) ou dans lesquels le mouvement des masses est difficile à canaliser (ALGERIE).
D'une façon générale, au moment où en Afrique se décompose la vieille structure tribale et existent des structures combinées, et où les masses montrent leurs aspirations à un monde correspondant aux possibilités des forces productives modernes, la politique des impérialistes anglais et français, fidèles à la vieille maxime « diviser pour règner », tente d'exploiter les frontières arbitrairement tracées à la fin du 19° sièclé par les conquérants impérialistes et qui ne correspondent nullement à l'existence de véritables nations, pour balkaniser l'Afrique afin d'y retarder la marche de la révolution coloniale.
Au MOYEN-ORIENT, l'impérialisme anglais (appuyé par l'impérialisme français pour des raisons spécifiques relatives à l'Afrique du Nord) n’a pas hésité à recourir à la force, au risque d’affaiblir la coalition atlantique et de disloquer le Commonwealth, pour arrêter la succession de défaites qu’il avait subies (renvol de Glui pacha, nationalisation du canal de Suez, élections jordaniennes). Cette tentative dés pérée qui a dû être stoppée au bout de quatre jours, par son échec, ouvre Une Ink voie phase décisive dans la lutte pour le contrôle du Moyen-Orient et de l'Afrique, et dan la marche à un conflit mondial, à la guerre-révolution.
b) La politique de l’U.R.S.S. et de la CHINE. Parce qu'ils n’ont aucun intérêt économique de nature impérialiste dans les pays
QUATRIEME LUNITIE RON A7T'I ONE LEE coloniaux et semi-coloniaux, Moscou et Pékin ont eu, à la différence des impérialistes, l'attitude la plus amicale envers les gouvernements des bourgeoisies indigènes du bloc de Bandoeng. Il les ont appuyés dans leur résistance aux visées impérialistes, mais ils appuyent en même temps ces gouvernements contre les revendications des masses travailleuses de ces pays (INDE, INDONESIE, MOYEN-ORIENT...). .
L'influence du Kremlin s'accroît d'autant plus que, sur le plan économique, l'U-R.S.S. se trouve actuellement en état de fournir une aide relativement substantielle à ces pays coloniaux et semi-coloniaux dans leurs plans d'industrialisation et dans leurs besoins d’armements, grâce aux possibilités de l’industrie soviétique et aux stocks d'armements fabriqués au cours de la « guerre froide » et qui sont actuellement remplacés par un armement plus moderne, et d'assurer en échange, à ces pays, une garantie d'écoulement croissant de leurs productions en matières premières et en produits agricoles dont l'U.R.S.S. a un besoin grandissant.
De ce fait, les pays du bloc de Bandoeng ont montré une attitude «-neutraliste » marquée cependant par une inclination plus favorable envers l'U.R.S.S. qu'envers les Etats capitalistes.
. La coalition Etats ouvriers-Pays du bloc de Bandoeng est fragile du point de vue des intérêts particuliers des directions; devant le danger des masses, les directions nationales bourgeoises se retourneront du côté de l'impérialisme américain. Par contre les intérêts des masses coloniales et des masses des Etats ouvriers vont dans le sens d'un renforcement de cette coalition.
Les directions des pays du bloc de Bandoeng ont elles-mêmes des intérêts divergents de pays à pays, dans certains cas existent même de fortes oppositions entre eux (divergences entre Etats arabes du Moyen-Orient ; divergences Inde-Pakistan). Fondamentalement, les dirigeants de ces pays sont des bourgeois ou des chefs féodo-capitalistes soucieux du maintien du système capitaliste, source de leurs profits, Mais ils se tournent du côté des dirigeants soviétiques, représentants de la bureaucratie dirigeante, parce que ceux-ci leur donnent un appui à la fois contre les visées impérialistes et contre les revendications des masses.
- Mais ni les uns ni les autres ne sont actuellement en état de ne pas tenir compte des masses qui, tant dans les Etats du bloc de Bandoeng que dans les Etats ouvriers, sont en montée révolutionnaire. Et, comme nous l'avons exposé plus haut, les aspirations des masses des pays colonisés rejoignent celles des masses des Etats ouvriers : détruire l’impérialime et le capitalisme, construire un monde de b'en-être et de liberté.
Aussi, au fur et à mesure que s'accentue la poussée révolutionnaire des masses — et celles-ci se stimulent les unes les autres d'un pays à l’autre — se renforce la coalition des Etats ouvriers et des Etats voulant se libérer du colonialisme.
5. LES GOUVERNEMENTS BONAPARTISTES
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à ce jour, l'équilibre international instable qui a été caractérisé par un déclin accentué du capitalisme et un affaiblissement des positions impérialistes d'une part, et par le développement économique grandissant de l'U.R.S.S. et l'opportunisme le plus grossier du Kremlin freinant les mouvements de masses d'autre part, cet équilibre instable a fait surgir dans uñe série de pays coloniaux et semi-coloniaux des gouvernements de type bonapartiste (Nasser, Sækarno, et autrefois Péron...).
Les hommes qui sont à la tête de ces gouvernements paraissent souvent portés par l'ensemble de la nation ou, du moins, par les grandes masses de leur pays. Ils agissent aussi de façon bonapartiste, en arbitre par rapport aux diverses couches sociales de leur pays. Mais l'examen de leur programme montre sans aucu: doute possible qu'ils expriment les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie indigène, cherchant à s'assurer une place plus grande par rapport aux propriétaires fonciers et à la bourgeoisie compradore alliés à l'impérialisme, à créer-un marché indigène plus grand dans la paysannerie et, éventuellement, à élargir ce marché à des pays limitrophes.
Ces hommes disposent d'un pouvoir disproportionné par rapport aux forces propr?s de la bourgeoisie indigène.
Leur force essentielle provient de la possibilité que leur laisse la politique stalinienne, celle d'utiliser l'antagonisme Est-Ouest et la grande combativité des masszs ouvrières et paysannes contre.l'impérialisme, les propriétaires fonciers et les compre. dores, en n'accordant aux masses que de menus avantages (réforme agraire lim:£ assurances sociales….).
L'exemple de Peron a cependant montré les limites de tels gouvernements. Ils .ne peuvent poursuivre une lutte conséquente contre l'impérialisme et les autres classes possédantes, à la fois en raison des liens qu'ils possèdent également avec elles et de leur faiblesse intrinsèque en face des masses dont ils utilisent la combativité. Ils sont ainsi amenés, en périodes de difficultés économiques, à se retourner contre les masses et à leur reprendre une partie des avantages que celles-ci avaient obtenus dans la première partie de la lutte. Au moment où le soutien des masses leur fait défaut, l'impérialisme et les autres couches possédantes n'hésitent pas à s'attaquer à eux, spéculant essentiellement sur l'impossibilité pour ces gouvernements de faire le saut mortel hors du cadre capitaliste, en armant les masses et en s’attaquant à la propriété capitaliste. * ï pi "
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Les mêmes hésitations qui caractérisent l'attitude politique de la bourgeoisie indigène — ballottée entre le mouvement de masse et l'impérialisme — caractérisent aussi sa politique économique, non seulement en ce qui concerne des problèmes de struture comme la réforme agraire, mais aussi et surtout envers le problème de l'industrialisation. Les résultats importants qui ont été obtenus dans certains cas comme celui du Brésil ne l'ont été que dans des secteurs qui ont été stimulés par des capitaux étrangers. L'industrialisation par les moyens propres de la bourgeoisie iadigène n'a nulle part atteint des résultats importants.
En outre, en dépit d'une industrialisation plus grande des pays à structure coloniale, leur rythme de développement reste inférieur à celui des pays métropolitains. Ii en résulte que leur situation relative dans le monde est loin de s'améliorer : ainsi dans la période de bonne conjoncture de l'économie capitaliste qui sévit depuis 1954, cette conjoncture n’a atteint que les pays capitalistes évolués, tandis que les pays colonisés, notamment en AMERIQUE LATINE, connaissaient de sérieuses difficultés économiques. I1 s'établit une nouyelle structure des échanges dans le monde capitaliste qui réduit leurs débouchés pour une crise de leurs produits.
En résumé, ces gouvernements de type bonapartiste ont eu une puissance apparente, mais au fond très limitée dans ses capacités, en raison d'une conjonction de circonstances internationales, du conflit Est-Ouest et de la politique de trahison du Kremlin envers les mouvements de masse menaçant le statu quo.
6. LA PAYSANNERIE DANS LA REVOLUTION COLONIALE ET SA LIAISON AVEC LE PROLETARIAT
Avec la question de la libération du joug impérialiste, la question agraire est la question dominante dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, celle qui est la plus explosive en raison de la grande misère des masses paysannes et de leur poids numérique dans ces pays.
La structure sociale de la paysannerie dans ces pays est variée à l'extrême, d’un pays à l'autre et au sein d'un même pays. Mais qu'il y ait des grands propriétaires fonciers avec une structure semi-féodale ou de minuscules petites propriétés ne permettant pas à la paysannerie de vivre de son travail, il n'existe nulle part de « partis paysans ». La paysannerie suit, pour la défense de ses intérêts économiques et poli-ee je formations politiques urbaines (bourgeoises, petites bourgeoises ou prolétariennes).
Là où existent des plantations se trouve un prolétariat agricole, dont les caractéristiques essentielles sont celles du prolétariat, et il relève du prolétariat comme formation sociale.
La révolution coloniale triomphante, c'est — en résumé — Je soulèvement de la paysannerie dirigé par le prolétariat. En Chine la victoire a été acquise sans intervention de la classe ouvrière, par la seule lutte d'armées paysannes dirigées par un parti ouvrier. Mais il ne s’agit que d’un cas unique, dû à des circonstances tout à fait exceptionnelles (décomposition extrême du régime bourgeois, disproportion numérique considérable entre la paysannerie et le prolétariat, politique du P. C. chinois envers les villes, traditions anciennes de guerres paysannes...).
La tâche du parti révolutionnaire pour assurer la victoire de la révolution coloniale est de combiner la lutte des prolétaires des villes avec celle de la paysannerie.
Cette combinaison trouve une de ses expressions les plus élevées dans les guérillas, qui — face aux forces armées de l'impérialisme et de l'Etat bourgeois — se montrent un puissant moyen de lutte et un facteur non moins puissant d'organisation politique.
Ces guérillas ne peuvent vivre, se développer et vaincre qu’en étant formées d’individus possédant un moral révolutionnaire très élevé et en étant liées aux masses du pays. C’est dire qu'elles tendent à devenir une sélection d'avant-garde élaborant et appliquant une politique correspondant aux intérêts des masses.
En plus de leur importance politique essentielle, les guérillas se montrent aussi une forme de lutte « économique », nécessitant un encadrement limité, un petit nombre de combattants, peu de moyens matériels et entraînant une paralysie et une démoralisation de forces ennemies considérables.
À LE PROLETARIAT DANS LA REVOLUTION COLONIALE
En dépit de sa faiblesse numérique, le prolétariat des pays coloniaux a tendu, dès sa formation, à jouer un rôle dirigeant dans la révolution coloniale, se faisant dans les luttes anti-impérialistes le porte-parole des autres couches de la population laborieuse, et en premier lieu de la paysannerie, dont il était fraichement issu. Il pourrait puiser une force immense dans le fait qu’il appartient au prolétariat mondial, seule classe sociale qui ne se trouve pas fondamentalement divisée par des intérêts locaux ou nationaux. Mais, précisément parce que le prolétariat des pays coloniaux n’a pas reçu des prolétaires des pays métropolitains la solidarité internationale nécessaire, il s'est trouvé affaibli dans sa lutte pour la direction de la révolution coloniale. )
Tandis que le mouvement ouvrier des pays coloniaux et semi-coloniaux présente des caractéristiques variables sur le plan politique d'un pays à l'autre, qu'il se trouve parfois sous une direction stalinienne et, le plus souvent, sous des directions bourgeoises et petites bourgeoises, une de ses caractéristiques principales pour tous les pays, c’est la création de puissantes organisations syndicales.
Ce fait est à la fois le produit du développement de la conscience de classe des prolétaires des pays coloniaux et de la nécessité objective pour le capitalisme du 20 siècle d'avoir un marché du travail organisé. à
La révolution coloniale étant encore le plus souvent sous une direction bourgeoise ou petite bourgeoise, il en résulte fréquemment que la direction des syndicats est entre les mains d'hommes appartenant à des partis bourgeois ou petits bourgeois. Néanmoins cette appartenance politique des directions n'’altère nullement le fait que les syndicats sont des organisations ouvrières, des organisations de classe, et non des appendices des partis bourgeois ou petits bourgeois. Même les dirigeants de ces syndicats ne peuvent pas servir simplement les intérêts de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie au sein de ces syndicats. Ils subissent d'une façon plus ou moins accentuée la pression des masses ouvrières. Très souvent, les dirigeants des organisations syndicales sont obligés de se placer à gauche au sein des partis bourgeois ou petits bourgeois.
Etant donné la situation dans laquelle se trouvent les pays coloniaux ou semi-coloniaux, il y à inévitablement une combinaison de la lutte politique avec la lutte syndicale. En l'absence de partis ouvriers de masse reconnus par celles-ci, les syndicats ont tendance à déborder le cadre syndical et à jouer, le cas échéant, un rôle de parti et un rôle d'organisation du pouvoir ouvrier dans les grands moments de crise.
Le fait que la classe ouvrière des pays coloniaux ou semi-coloniaux commence son expérience comme classe par le canal de l'organisation syndicale aura des conséquences importantes dans le développement de la classe ouvrière de ces pays sur ie plan politique. Dans ces pays, il n’y a pas de doute que le mouvement syndical sera appelé à jouer un rôle important dans la formation du parti ouvrier de masses.
8. LES PARTIS SOCIALISTES DES PAYS COLONIAUX
Il existe dans certains pays coloniaux et semi-coloniaux des partis socialistes, ou bien des partis à idéologie socialisante.
Il n’est pas possible de mettre sur le même plan, au point de vue de leur nature de classe, les partis socialistes des pays capitalistes et les partis socialistes des pays coloniaux. Les partis socialistes des métropoles, tout en étant des organisations à politique réformiste, sont historiquement et socialement des organisations de la classe ouvrière; pour des pays aussi importants que l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ce sont les partis de masse des ouvriers. Par contre, les partis socialistes des pays coloniaux et semi-coloniaux, même quand ils ont une activité politique militante, révolutionnaire, ne sont généralement pas des partis de la classe ouvrière d'une manière spécifique.
Dans la plupart des cas, ce sont des formations politiques petites bourgeoises, à idéologie socialisante, Historiquement, leur sort ne peut pas faire de doute : ils sont appelés à se disloquer entre l’action de l'impérialisme et celle des masses travailleuses, Pratiquement, dans certains pays, ces partis — du fait qu’ils commencent par rassembler des éléments venant de toutes les couches sociales et notamment les plus combattifs doivent être considérés comme un milieu de travail pour y former des cadres marxistes et une aile prolétarienne.
9. LE STALINISME ET LES PAYS COLONIAUX
Tous les partis à direction stalinienne ont placé les intérêts du Kremlin, les objectifs de la diplomatie soviétique au-dessus des intérêts des masses, notamment des masses des pays coloniaux.
Pour les partis des métropoles, cette subordination a eu les conséquences les plus scandaleuses en France, où le P.C.F., désireux d'obtenir par la pression u1 accord de la bourgeoisie française avec le Kremlin (contre la politique de réarmement de l'Allemagne), luttant pour « l'indépendance nationale » par rapport à la politique des Etats-Unis, a tant au moment de la guerre du Vietnam que, maintenant, dans la guerre d'Algérie, eu tout au plus une politique d'opposition parlementaire dépourvue de vigueur; en fait il a laissé faire la politique impérialiste et, sous prétexte d'amener les socialistes à faire le front unique, il a fait voter les pouvoirs spéciaux pour la guerre d'Algérie. Par cette politique, le P.C.F. s’est discrédité auprès des mouvements révolutionnaires des coloniaux et a mis dans une position difficile les Partis communistes des pays coloniaux.
Les P.C. des pays coloniaux ont, eux aussi, suivi la politique dictée par le Kremlin, et l'exemple le plus célèbre de trahison d'un mouvement révolutionnaire eit celui de l'Inde en 1942. Actuellement leur politique principale est l'alliance avec les bourgeoisies indigènes, sur le programme de celles-ci.
La crise des P.C. se développant depuis le 20° congrès a, en raison de la place de la révolution coloniale dans la lutte révolutionnaire actuelle, porté dans plusieurs pays au centre des débats soit la politique des Partis communistes dans la question
‘QUATRIEME : INTER N A TI O'N A LE coloniale, soit la politique envers la bourgeoisie nationale dans les pays coloniaux.
Les direction staliniennes dans les pays coloniaux ont retenu des travaux du 20° Congrès les aspects les plus droïitiers de celui-ci : coexistence pacifique, voies nouvelles. pour accentuer leur orientation de collaboration avec les bourgeo:s'es indiènes, sur le programme de celles-ci et au détriment des intérêts propres de la classe ouvrière et des masses paysannes pauvres.
Dans ces conditions, les Partis communistes des pays coloniaux seront amenés à connaitre des crises de plus en plus graves, dans lesquelles se posera la quest'on de leur existence:
IC. LES P.C. DES METROPOLES ET LA REVOLUTION COLONIALE
D'une façon générale, les partis socialistes des métropoles manifestent des sent:-ments de sympathie envers les peuples coloniaux dans la mesure où les mouvements de ces peuples n'affectent pas les intérêts de leur propre bourgeoisie, Dans ce cas, par contre ces partis se montrent sous leur véritable nature « social-impérialiste », comme Lénine les avait qualifiés pendant la première guerre mondiale.
L'exemple le plus marquant, à présent, et le plus odieux est fourni par le Parti socialiste de France. C’est à son secrétaire général que la bourgeoisie a confié la tâche d'écraser la révolution algérienne, et c'est aussi lui qui s'est montré le plus acharné dans la préparation et la poursuite de la gueyre contre l'Egypte. Il n’a décroché que lorsque la Grande-Bretagne a déclaré renoncer à poursuivre le combat.
Quant au Labour Party britannique, son attitude sur la question coloniale reflète l’évolution vers un centrisme encore très droitier qu'il a subie. Il fait une opposition par'ementaire aux manifestations de politique impérialiste du gouvernement britannique.
Sur le plan politique, le centrisme social-démocrate rejoint le stalinisme pour encourager les travailleurs des pays coloniaux à suivre leur bourgeoisie indigène. Dans ce domaine, les sociaux-démocrates transplantent dans les pays coloniaux leur propre politique dans les mé-ropoles.
LE LA IV° INTERNATIONALE ET LA REVOLUTION COLONIALE
La IV* Internationale, parti mondial dé la révolution socialiste, soutient inconditionnellement toutes les luttes des peuples colonisés contre l'impérialisme, indépendamment de leur direction momentanée.
Cette participation à ces luttes se fait en toute indépendance politique. La IV: Internationale, au cours de ces mouvements des peuples colonisés, lutte pour les objectifs ci-après :
— La IV* Internationale lutte pour la formation de partis ouvriers de masse, indépendants des formations politiques de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie ;
— La IV* Internationale lutte pour que les partis ouvriers de masse et les organisations de masse de la classe ouvrière (les syndicats en particulier) aient une politique prolétarienne révolutionnaire indépendante de la bourgeoisie nationale.
— La IV* Internationale lutte pour que ces révolutions coloniales visent à l’instauration d'un pouvoir des travailleurs, de gouvernements ouvriers et paysans ;
Avec ces objectifs et dans ces perspectives, les sections de la IV‘ Internationale dans les pays coloniaux et semi-Coloniaux définissent une tactique appropriée à l'état du mouvement de masses à l'étape actuelle.
Dans les pays capitalistes, et plus particulièrement là où la bourgeoisie est en lutte contre des mouvements coloniaux, les sections de la IV* Internationale accordent leur soutien sans réserve aux révolutions coloniales et ont également comme tâche impérieuse de lutter pour assurer l'aide des prolétaires des métropoles à la lutte des péuples coloniaux. Les sections de la IV*° Internationale des métropoles doivent tout particulièrement combattre dans les rangs ouvriers la politique des directions réformistes et staliniennes qui — même quand elles dénoncent le colonialisme — le font au nom de pseudo intérêts nationaux qui seraient mis en danger par un colonialisme suranné et non en fonction des intérêts du socialisme mondial, Une telle idéologie loin de stimuler l'appui des masses des métropoles aux révolutions coloniales, a une base sociale bourgeoise, tend politiquement à la recherche de bourgeois «de bonne volonté », humanitaires, etc., et désarme le mouvement ouvrier.
2 ee LA PLACE DE LA REVOLUTION COLONIALE DANS LA MARCHE DE LA REVOLUTION MONDIALE à é Après la vague révolutionnaire de 1917-1923, la marche de. la révolution mondiale, commencée en Russie, fut bloquée à l'Ouest par suite d’une combinaison de la résis-
QUATRIEME ISNAT EUR NAT I ON AL'E tance du capitalisme, du rôle joué par le réformisme et des conséquences de la victoire de la bureaucratie soviétique dans le mouvement communiste.
Après plusieurs lourdes défaites qui ont culminé dans la victoire du fascisme <n Allemagne et le déclenchement de la 2 guerre mondiale, la révolution mondiale a commencé par percer à l'Est par la victoire de la révolution coloniale en Chine. Le bouleversement social effectué en Europe orientale l’a été, sauf en Yougoslavie, avant tout par l'action militaire et policière des armées soviétiques et, pour cette raison, n'a pas été un stimulant pour l'action révolutionnaire des masses en Europe occidentale, toujours freinées par les directions traditionnelles.
La percée à l'Est a modifié de façon capitale le rapport des forces; elle a contribué décisivement à la crise du stalinisme ; elle a stimulé le déclenchement de la montée révolutionnaire dans les Etats ouvriers, mais elle n’a pas apporté par elle-même, étant donné le niveau politique des problèmes qu'elle avait à résoudre immédiatement et de la direction chinoise, les éléments pour résoudre la quest on de la direction révolutionnaire mondiale.
Le déclenchement de la montée dans les Etats ouvriers, U.R.S.S. et Dmocraties populaires, et surtout la révolution politique actuellement en cours en Pologne et en Hongrie, ont posé dans tout le mouvement communiste international les questions. les plus décisives, y compris celle de la direction révolutionnaire mondiale, de. la IV“. Internationale. Elle met également à l'ordre du jour la révolution européenne, étape décisive sur la voie de la révolution mondiale,
La révolution coloniale aura donc été le chaînon entre la Révolution d'Octobre et Ja victoire de la révolution mondiale, î
Novembre 1956.