Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Organisation de la solidarité internationale

septembre 1938 · La conférence de fondation de la IVe Internationale (3 septembre 1938) · 500 mots

In English: On Organizing Defense and Relief for Persecuted Revolutionists — texte anglais publié à l’époque.

L'avance du fascisme dans nombre de pays, la campagne internationale stalinienne de répression, provocations et assassinats, les attaques de plus en plus menaçantes contre les droits des travailleurs dans les pays capitalistes démocratiques, la montée grandissante de la réaction sous toutes ses formes posent de la façon la plus impérative le problème de la défense et de l'aide aux révolutionnaires victimes de la répression.

Jamais dans l'histoire les ouvriers révolutionnaires n'ont été menacés d'une telle répression, jamais ils n'ont eu si peu de droits pour se défendre.

Bien plus en face des coups terribles de la réaction stalinienne et bourgeoise déchaînée, les révolutionnaires, qui sont toujours les premières victimes désignées de la répression, n'ont à attendre des organisations de défense staliniennes, social-démocrates et libérales que la volonté délibérée de les abandonner et de se -délimiter d'eux.

Il est nécessaire que toutes les sections de la IV° Internationale se mettent au travail pour assurer un minimum d'aide et de protection aux combattants révolutionnaires victimes de la répression — en particulier aux réfugiés des pays totalitaires. Elles doivent prendre dans ce but les initiatives nécessaires pour créer des organisations d'aide et de défense sur lesquelles on puisse compter pour donner un appui moral, financier et juridique en temps voulu à tous ceux qui en ont besoin.

Il est possible de collaborer dans ce travail avec les éléments sincères d'autres tendances politiques, mais en aucun cas la création d'organisations nationales d'aide et de solidarité ne saurait être retardée ou repoussée à cause de l'impossibilité de s'assurer la coopération de telle ou telle organisation ou individu.

La nécessité d'une telle organisation est urgente ; elle ne saurait être différée, et un comité énergique et dévoué, même restreint, et composé surtout ou même exclusivement de révolutionnaires avancés vaut infiniment mieux que pas de comité du tout, ou une façade « imposante » de nombreuses organisations et de grands noms qui ne font rien ou pas grand'chose et ne donnent aucune aide réelle aux révolutionnaires qui se trouvent dans une situation désespérée ou dans le dénuement absolu.

Il est nécessaire que toutes les sections de la IVe Internationale s'occupent de cette question avec le plus grand sérieux et se mettent au travail dès maintenant. Des camarades qualifiés doivent se consacrer à ce travail et s'y spécialiser. L'assistance juridique doit être organisée. Les méthodes les plus énergiques doivent être mises en œuvre pour se procurer des fonds. Il faut étudier les lois et les règlements concernant l'émigration dans les différents pays. Bref, les adhérents de la IV° Internationale surtout dans les pays démocratiques, qui offrent les plus grandes possibilités, doivent concentrer leur attention sur le développement d'un appareil d'aide et de solidarité le plus efficace possible, et cela dans le plus bref délai.

Un comité international, composé de gens responsables et connus disposant de la plus grande autorité morale coordonnera et dirigera éventuellement le travail des différentes organisations nationales de solidarité, créera un centre d'assistance aux réfugiés, et organisera l'échange d'information et d'expérience aux différents organismes nationaux.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 268–269 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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