Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

En avant, avec une confiance accrue, dans les luttes décisives pour le socialisme ! (Manifeste du 4e Congrès de la IVe Internationale)

juillet 1954 · IVe Congrès mondial · Le IVe Congrès mondial et après (1954-1957) · 4 218 mots

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EN AVANT, avec une Confiance aceruk, dans les Lutles décisives pour le socialisme!

Aux masses laborieuses de tous les pays!

Le 4° Congrès Mondial de la IV: Internationale, Parti Mend ial de la évolution socialiste, qui à rassembDié les délégués de vingt et un pays Révol ial ; l b À 1 g rovenant tous les continents, salue tous les travailleurs, ouvriers, paysans, l Fi TS, À väi 1 prov de | | a À intellectuels, femmes et hommes, adultes et eunes si de par $ monde ï A entier luttent contre l'impérialisme, le capitalisme, l'exploitation et ef res-enti ü (= e l'i pe li u p P [opel sor sous toutes leurs formes. salue léurs efforts immenses qui tendent à

+. ] f ff + éter bas l'ordre existant, vermo Q écrépit, et à construire un monde jeter bas l'ordre istant, ulu.et déc if, + aa > le veau basé sur la satisfaction toujours plus ampie des besoins, la liberté

| S 1 u | l fi p et opération fraternelle de tous les hommes salué les travailleurs ls coop l ä S des pays ant capitalistes qui sont eujo srd'hui les pionniers dans la construc-ion du monde socialiste.

LA REVOLUTION MONDIALE PROGRESSE IMPETUEUSEMENT !

Jamais l'histoire de l'humanité n'a Fan une eee ee ‘ î 4 Î ttant sur tous les continents p ui e d'exploités et d'opprimés comba en a ï ï ‘histoi Ju mouvement ouvrier, la rêv meilleur. Jamais, dans l'histoire d oo ï ï tous les pays contre la q ; la lutte violente des peuples de CO DS ADR LUN l'exploitation, contre les gouvernements capitalistes, n'a été u réalité aussi tangible et aussi vaste qu'aujourd'hui. 3 + Se Le 4 Congrès de la IV° Huston salue Re qe pere é i ï s valeureux soldats L révolution mondiale. Il salue es valeureux soldats coré ie dE is infligé une cuisante défaite à l'armée impsralte à uipée du monde. Il salue les vainqueurs de Horde ui Ro Li is et partisans qui ont porté un coup a Ke Hi eis. Il salue les masses en révolte de Tunisie, Leu NE nr TEL qui passent à la lutte armée et allument le a ee Che sur le continent africain. Il salue les masses he ge Lu et du Guatemala qui ont levé le drapeau de la révolution s le continent américain. ++ Mais la révolution coloniale ne progresse pas que me Re armées. Elle avance dans les vastes mouvements an qe qu Li l'Indonésie le Fakistan, l'Argentine, le Brésil, le Un os britannique. Elle progresse dans les violentes luttes c AE “1 hartals du Soudan, de Me ai Cane USE Me ï re à Téhéran, } vastes mouvements qui, au Cai j ns. Hu ae projette son ombre dans la montée politique et syndicale fravailleurs des Indes. : É , de pi La révolution coloniale, c'est aujourd'hui plus vu dia Pr d'êtres humains résolus à mettre fin aux systèmes colonialistes, dination d'un peuple ou d'une race à une autre.

. l'arme de classe contre leurs maîtres bureaucratiques ont claireme

Par les coups qu'elle porte aux fondements même du capitalisme Contemporain, par ses répercussions directes sur l'économie et la société des pays métropolitains dont elle détruit définitivement la stabilité, par le désarroi qu'elle sème chez les dirigeants bourgeois, var la sympathie et la solidarité qu'elle suscite chez les travailleurs du monde entier, la révolution coloniale est aujourd'hui le moteur princival de la révolution prolétarienne dans les pays capitalistes avancés.

Et, dans ces pays aussi, les aspirations à une société nouvelle. el France, les incessants mouvem socialistes au Japon, les luttes fré la progression politique des mass remarquable croissance de la g travailleurs manifestent puissamment leurs Le grand mouvement de grève d'août 53 enis de grève et les victoires électorales quenfes et amples des travailleurs italiens, es ouvrières anglaises s'exprimant dans le auche travailliste, les Victoires électorales socialistes en Autriche, en Australie, en Belgique,

LA MONTÉE REVOLUTIONNAIRE EBRANLE LE REGNE DE LA BUREAUCRATIE SOVIETIQUE

Les défaites passées de la révolution mondiale, l'isolement de la réve-lution russe avaient permis à la bureaucratie de dépouiller les masses sovié-fiques de leurs droits de contrôle et de gestion de la société. Des circons-fances exceptionnelles ont permis à cette bureaucratie de dominer une série de pays, ainsi qu'une importante partie du mouvement ouvrier inter-nètional. Mais aujourd'hui les progrès de la révolution mondiale et la fin de l'isolement de l'Union soviétique, se joignent aux immenses progrès économiques et culturels qui ÿ ont été réalisés grâce eux avantages de l'économie planifiée, pour y accroître la confiance des masses de ces pays et de ces organisations en leurs propres forces. Ainsi s'établissent les conditions pour que ces masses à leur tour règlent leurs comptes avec une bureaucratie usurpatrice et spoliatrice et ses agents.

C'est là le sens du magnifique soulèvement ouvrier des 16 et 17 juin 1953 en Allemagne orientale, du mouvement gréviste de fin mai 1953 En Tchécoslovaquie, de la grève des mineurs de Vorkuta en U.R.S.S. même. Ces travailleurs qui, pour la première fois depuis vingt ans, ont utilisé nt exprimé dans leurs revendications qu'ils ne désirent nullement reculer vers le réfa-blissement de la propriété privée des moyens de production et la déme-crâtie bourgeoise. Leur but au contraire est d'avancer vers la démocratie socialiste qui permettra un essor encore inconnu de l'économie planifiée ei socialisée. Ainsi les premières manifestations de révolte ouvrière de masse contre la bureaucratie confirment de manière éclatante le programme trotskyste et la lutte héroïque menée autrefois par des milliers de commu nisles oppositionnels. Elles annoncent la: victoire inéluctable de la révolution Politique qui, consolidant les bases sociales du régime, rétablira la démocratie soviétique en U.R.S.S. et dans les pays de démocretie populaire,

Révolution sociale contre la domination impérialiste et le régime cap taliste, et révolution politique contre la dictature bureaucratique avancen: aujourd'hui la main dans la main à travers le monde. Elles sont indi blement liées l'une à l'autre. Plus la révolution soci rislisme s'affaiblit et se #rouve aux abois, sont encouragées à en finir avec l'eppressio prolétariat soviétique et les prolét olu-ale progresse, plus l'impé et plus les masses soviétiques n bureaucratique, Maïs plus le ariats d'Europe crientale relèvent herdi-

QUATRIEME LINATS BR NA FE T'ON A EDR

QUATRIEME ment le drapeau de la démocratie soviétique, de la révolution politique contre le régime bureaucratique, plus s'effrite l'épouvantail mensonger d'une « domination stalinienne mondiale » et d'un « triomphe du totalitarisme » en cas de défaite finale de l'impérialisme, et plus le prolétariat des pays économiquement avancés, avant tout celui des pays anglo-saxons, sera encouragé à avancer à son tour sur la voie de la révolution mondiale.

LA CRISE DE L'IMPERIALISME TEND VERS SON PAROXYSME

Parallèlement aux progrès de la révolution mondiale, sévit aujourd'hui la crise la plus grave que le capitalisme, l'impérialisme aient jamais traversée dans l'histoire.

La prospérité économique que les Etats-Unis connurent depuis la deuxième guerre mondiale grâce à une production gigantesque d'armements à pris fin dès que les canons se sont fus en Corée. À la récession économique aux Etats-Unis et à une crise agraire croissante s'ajoutent la stagnation des économies d'Europe occidentale et les violentes oscillations des prix des matières premières pour tous les pays sous-développés, ce qui leur ferme plus que jamais la voie d'une véritable industrialisation. L'économie capitaliste mondiale n'a plus d'autre perspective pour le maintien ou le rétablissement d'un semblant de prospérité que de se replonger dans un réarmement accentué et dans la guerre.

En même temps, le système d'alliance monté par Washington pour préparer la troisième guerre mondiale vient d'être soumis à de très fortes secousses. La bourgeoisie britannique n'a pas suivi les Etats-Unis sur la voie du torpillage de la conférence de Genève mais s'est efforcée d'arriver a un compromis temporaire avec l'U.R.S.S. et la Chine dans les questions asiatiques. Malgré les désirs de l'impérialisme yankee, la bourgeoisie française exsangue s'est engagée sur la voie de pourparlers ‘en vue d'un compromis au Vietnam. Même au sein des bourgeoisies allemande et japonaise, les deux plus sûrs alliés de Washington, s'élèvent des voix en faveur d'une politique extérieure plus autonome par rapport à Wall Street. Tous les projets construits avec tant de peine au cours des dernières années par le State Department en collaboration étroite avec les cercles les plus réactionnaires du capitalisme international, traversent une crise grave. Aux Etats-Unis même, l'abandon d'une intervention aénéralisée contre la Chine n'a été décidée qu'en présence d'une résistance brusque au sein de la bourgeoisie, laquelle a Résité à la dernière minute devant l'ampleur du risque et la résistance des masses à une nouvelle « guerre de Corée ».

Par delà les difficultés diplomatiques, la stratégie militaire globale de l'impérialisme s'est trouvée remise en question. Au moment même où Dulles et Co proclamaient leur stratégie de « représailles massives », celle-ci se trouvait dépassée par les premières explosions thermo-nucléaires et les bonds en avant de la technique soviétique. Il est clair que l'utilisation de bombes à hydrogène peut avoir des conséquences incaleulables pour ceux même qui ÿ ont recours, sans parler des moyens dont dispose l'U.R:S.S. pour répondre aux « représailles massives ».

Mais en dépit de ces perspectives sinistres et du retard indubitable que viennent de subir ses plans de guerre, l'impérialisme poursuit sa course irréversible vers la conflagration mondiale. Les divergences et les contradictions que provoque cette course au suicide expriment les contradictions réelles et les inquiétudes inhérentes à la situation présente du capitalisme. Les Churchill, Stevenson, Mendès-France, soulignent auprès des champions de la guerre immédiate toutes les conditions défavorables à l'impérialisme qui accompagneraient ce déclenchement rapide des hostilités : dispropor-on des forces militaires en Europe et en Asie, manque d'unité parmi les « alliés », crise sociale dans presque tous les pays capitalistes, opposition

INT DR NAT I ON AE.

croissante à la guerre dans le monde entier. Ils voudraient gagner du temps paie modifier au moins quelques facteurs en faveur de l'impérialisme. Les ulles, Nixon, Adenauer, Bidault, leur rétorquent que le temps ne joue pas en leur faveur mais au contraire au profit de la coalition des Etats anticapitalistes et du mouvement révolutionnaire des masses. En n'étendant pas les guerres locales en une guerre générale, ils se voient abordant celle-ci après ‘avoir perdu l'Indochine et d'autres pays du sud-est asiatique.

Derrière ces reculs se profile pour eux une menace encore plus redou-fable. Ces reculs accentuent la crise sociale dans tous les vays capitalistes et celle-ci risque d'atteindre le dernier bastion du capital, les Etats-Unis eux-mêmes.

Les super-Hitler qui s'agitent à Washington songent avec effroi à le perspective d'une crise sociale aux Etats-Unis. Ils savent que plus encore que toutes les dernières créations de la technique la plus moderne, leur atout pnaEsl est le considérable retard politique de la classe ouvrière américaine. La grande crise de 1929 à amené celle-ci à la conscience syndicale, mais elle n'est pas encore parvenue à la conscience politique, elle n'a pas encore formé un parti ouvrier de masse, elle n'a pas rompu ses liens avec la bourgeoisie de son pays.

Tout progrès des massés dans le monde, fut:il aussi minime que celui mn aspiraient les quelques centaines de milliers de paysans du Guatemala, ébranle les fondements du colosse américain, risquant d'éveiller la conscience des millions de prolétaires de Detroit, Pittsburg, Chicago.

Le dilemme réel où se trouve placé l'impérialisme mondial, c'est ou engager la ‘guerre dans un rapport de forces défavorable avant que celui-ci ne $e soit complètement détérioré.ou céder sans combattre devant les forces de. la nouvelle société socialiste, devant la montée des masses. Seuls des ignorants ou des aveugles, des pacifistes complètement incurables ou des steliniens imbus de préjugés bureaucratiques petits bourgeais peuvent croire que pour assurer la paix il n'est pas nécessaire d'abatire le récime capitaliste et qu'il est possible de trouver des formules miraculeuses de « coexistence acifique ». C'est répandre des illusions criminelles que d'affirmer qu'il suffirait de « pressions » assez fortes de la part des masses pour empêcher l'impérialisme de recourir à la guerre et même pour l'amener, selon une des dernières remarques de Staline, à s'engager dans des guerres intestines.

En définitive, ce ne sont pas les contradictions interimpérialistes mais la contradiction fondamentale entre le camp capitaliste et l'ensemble des forces anticapitalistes qui décidera la marche des événements, qui dicte dès aujourd'hui son orientation. Pour cette raison, les forces les plus résolues du capital réussiront à un moment donné à établir un degré d'unité suffisant dans leur camp pour pouvoir se précipiter dans l'aventure sanglante, car jamais elles ne capituléront sans combat devant les forces montantes de la révolution socialiste. Mais plus le mouvement révolutionnaire des masses s'emplifie et remporte des victoires, et plus il sera facile d'infliger rapidement une défaite décisive à l'impérialisme et d'abréger les souffrances que provoquera sa criminelle aventure.

LE MONDE SOCIALISTE EST A NOTRE PORTEE i

Dans ses combats de jadis contre l'ordre féodal, la bourgeoisie se pré sentait comme le champion de la lutte contre la faim, l'ignorance ou la maladie. Mais à présent que les peuples économiquement arriérés se libèrent de son joug et. développent une société non capitaliste, ces champions. de la libre LE ne et de la civilisation occidentale et chrétienne

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n'osent pas eccepter compétition économique ef culturelle à longue

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I N TE R N AT I ONALE GUUXA T RIT € M € échéance, même quand en face d'eux se trouve un retard aussi considérable que celui de la Chine : ils. ne voient de salut que dans le recours aux armes atomiques, aux destructions massives de population et de richesses.

Le monde capitaliste souffre d'une pléthore de produits agricoles au même moment où les savants soulignent que les deux tiers de l'humanité sont sous-alimentés. D'immenses quantités d'énergie libérées par la désintégration dé l'atome sont consacrées à des fins exclusives de destruction, au même moment où quatre continents ne peuvent accéder à la civilisation moderne parce que leur production d'énergie est insuffisante. La bombe H fait peser une menace réelle d'auto-destruction de l'humanité, au même moment où celle-ci acquiert pour la première fois les moyens maté-a de créer une économie basée sur la satisfaction universelle des besoin: umains.

Ce n'est pas un destin occulte, ce ne sont pas des forces mystérieuse: et incontrôlables qui écartent les peuples de ce chemin du bonheur. C'esi l'implacable logique interne du capital qui les pousse Vers la destruction. En 5e libérant de la tyrannie de la propriété privée et de l'Etat national, l'homme devenu maître conscient de ses forces productives deviendrait maître de sa propre destinée et assurerait l'éclosion d'un monde d'abondance matérielle et de liberté, le monde du socialisme.

Tous les progrès des pays non capitalistes, encore très fortement marqués du fait qu'ils ont été accomplis dans des régions sur lesquelles pesait le caractère arriéré de l'économie, témoignent des gigantesques possibilités de la société socialiste, A voir les pas de géant effectués à partir du régime tsariste ou de celui de l'ancienne Chine, on veut à peine imaginer ie niveau de bien-être auquel les pays économiquement avancés, avec toute l'accumulation de richesses matérielles et humaines dont ils disposent, pourraient parvenir et y hisser le: monde entier.

Débarrassée de l'entrave de la propriété privée à la recherche de profits, les sociétés humaines ne se disputeraient plus des débouchés limités, et le progrès se ferait dans un monde de paix universelle, Pour la première fois, l'humanité atteint une telle puissance de domination sur la nature et sur l'économie qu'elle peut définitivement se libérer des conflits sanglanis qui onf marqué son histoire jusqu'à ce jour.

POUR UNE NOUVELLE DIRECTION REVOLUTIONNAIRE !

Si le capitalisme reste encore debout sur une grande parte du globe malgré les efforts héroïques de dizaines et de céntaines de millions de travailleurs du monde entier, malgré un crise inégalée de l'impérialisme, cela est moins dû aux ressources internes, aux réserves de richesses ou à la puissance militaire du capital, qu'à la couardise, aux hésitations et à la trahison ouverte des directions traditionnelles du mouvement ouvrier et anti-impérialiste.

Il est vrai que, dans des conditions tout à fait exceptionnelles, sous la pression de soulèvements très puissants des masses, devant la décomposition complète des anciennes classes dominantes, quelques partis à direction opportuniste, comme les partis communistes de Yougoslavie, de Chine et du Vietnam, ont été obligés d'engager la lutte pour la conquête du pouvoir. Mais à côté de ces cas execptionnels, que d'occasions manquées, que de souffrances et de morts, que de sévices et de massacres encore en perspective par suite de l'incapacité des directions traditionnelles des mouvements de masse à exploiter des situations révolutionnaires données.

Dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, la direction petite bourgeoise, avec la complicité des staliniens ou des réformistes, a fait la preuve éclatante de son incapacté à résoudre les problèmes fondamentaux de la

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AS ns ds LÉ st à à PS, sn révolution. En d'éternelles oscillations entre l'impérialisme et les masses, elle a conduit celles-ci à des reculs temporaires sinon à de graves défaites. Tel est le bilan de l'expérience Naguib-Nasser en Egypte, Paz Estensoro en Bolivie, Mossadegh en Iran. Tel est, en ces jours, le résultat de l'expérience désastreuse du gouvernement Arbenz au Guatemala oui s'est effonaré faute d'avoir préparé idéologiquement et matériellement les masses à la lutte armée contre les mercenaires de l'impérialisme. :

Bien qu'avec retard la révolution atteint vigoureusement à nouveau l'Europe occidentale. Dans l'année 1953 se sont présentés deux exemples classiques favorables au développement d'une situation révolutionnaire.

Quand les ouvriers de Berlin-Est et de l'Allemagne orientale se dressèrent dans la grève générale de juin 53, il eut suffi que la direction du parti social-démocrate allemand (pour lequel ont voté plus de huit millions de travailleurs) appelle les ouvriers de Berlin-Ouest et de l'Allemagne occidentale à l'action sous le drapeau du socialisme, par solidarité avec les ouvriers de l'autre partie de l'Allemagne, pour que se posent en termes réalistes et immédiats l'unité du pays et l'instauration d'un gouvernement socialiste allemand,

En août 53, des millions de travailleurs français étaient en grève, soutenus par la sympathie des classes moyennes des villes et des campagnes. La carence et la décomposition de l'État bourgeois crèvent les yeux. Et, dans ce pays où les grandes masses veulent un changement radical, ie parti communiste français qui reçoit les votes de plus de cinq millions de fravailleurs, non seulement se montre incapable de présenter un programme, de revendiquer le pouvoir en front unique avec le parti socialiste, de mobiliser les masses pour imposer un gouvernement P.C.-P.S., mais au lendemain de la défaite de la bourgeoisie française à Dien-Bien-Phu, les députés communistes votent pour un gouvernement bourgeois,

Précisément parce que les masses sont aujourd'hui engagées plus nom-bréuses et plus puissantes que jamais sur la voie de la révolution, la question de leur direction révolutionnaire s'avère d'une actualité brûlante. Précisément parce que le règlement de compte final entre les classes se trouve déjà commencé, c'est une question décisive pour le prolétariat mondial que de’ se doter d'une nouvelle direction qui a assimilé toutes les leçons se dégageant d'un siècle et demi de luttes ouvrières.

Les problèmes à résoudre débordent de plus en plus les cadres nationaux, || ne s'agit pas seulement de donner la terre aux paysans dans des pays économiquement arriérés, il s'agit d'organiser la société, de planifier son économie à l'échelle internationale. Les deux querres mondiales de 1914 et de 1939 exprimaient l'incapacité du capitalisme à organiser les forces productives dans le cadre des Etats nationaux. La combinaison de l'anarchie capitaliste et de la carence des directions ouvrières actuelles a donné son résultat le plus tragique dans le spectacle d'une Allemagne divisée dans une Europe en déclin. Cette situation ne comporte pas une solution française, plus une solution allemande, plus une solution italienne, etc., mais une solution internationale : les Etats-Unis socialistes d'Europe dans les Etats-Unis socialistes du monde entier.

Les marxistes révolutionnaires ont toujours œuvré à la création d'une direction internationale du prolétariat. Les réformistes, les appareils bureaucratiques ont toujours exploité les défaites et les faiblesses du mouvement ouvrier pour entraver ou détruire l'organisation internationale du proléfariat. La Première Internationale est morte dans la défaite de la Commune de Paris. La Deuxième Internationale à sombré dans la trahison de 1914. La Troisième Internationale, créée par Lenine et Trotsky, a péri dans la collaboration de la bureaucratie de Moscou avec les impérialismes démocratiques. Reprenant les traditions révolutionnaires glorieuses de ses devan-cières, tirant les enseignements de leurs activités, la IV* Internationale,

QUATRIEME NOT ERUR NAS DUT 0 NA LEE

QUATRIEME NP TEE RQ NAT TION UAME TE fondée par Trotsky, bien qu'encore numériquement faible, rassemble l'avant-garde qui, sur tous les contingents, forge par des voies appropriées à la situation du mouvement ouvrier dans chaque pays, la direction révolutionnaire qui assurera la victoire finale du socialisme.

En s'enracinant résolument dans le réel mouvement des masses, les sections de la IV® Internationale se préparent à créer une direction révolutionnaire de masse. Dans tous les pays où les ouvriers n'ont pas encore créé leur propre parti politique, elles peuvent et doivent gagner la confiance des travailleurs en se montrant les meilleurs organisateurs et dirigeants de leurs luttes. Dans tous les pays où le prolétariat suit des partis fraditionnellement établis, les cadres marxistes révolutionnaires en entrant dans ces partis y hateront la maturation de courants de gauche, y fusion-neront avec une nouvelle couche de dirigeants ouvriers conquis à leur programme et créeront ainsi les conditions pour la construction de nouveaux partis révolutionnaires de masse.

TRAVAILLEURS DU MONDE ENTIER !

Les menaces de querre impérialiste ne sauront paralyser ni même ralentir Vos combats qui deviendront de plus en plus massifs, amples, résolus our remporter la victoire mondiale du socialisme. La puissance des Eos À et H, des escadres navales et aériennes est grande. Mais plus rande, plus invincible est la puissance des millions de travailleurs qui eue ces engins de guerre comme ils fabriquent tous les biens de l'humanité contemporaine. Vous, millions de prolétaires, représentez la classe dont dépend tout l'avenir de la civilisation. C'est vous, et vous seuls, ui ferez surgir de ce cauchemar de guerres permanentes un monde l'abondance et de paix.

Plus vous vous engagerez unis et résolus, sans crainte ni hésitation, sur la voie de la révolution mondiale, et plus vous limiterez les blessures que l'impérialisme aux abois portera encore à l'humanité avant qu'il disparaisse.

Pour faire échec aux plans de guerre de l'impérielisme, vous vous dresserez dans tous les pays en un vaste mouvement de solidarité envers la révolution coloniale qu'on essaie en vain d'étouffer dans le sang.

Pas un homme, pas un sou pour les sales guerres contre le Vietnam, le Guatemala, la Malaisie, le Kenya, le: Tunisie !

A bas le Pacte Atlantique, le Pacte du Pacifique, le Pacte du Moyen-Orient, la C.E.D., les projets de réarmement bourgeois de l'Allemagne et du Japon |!

Tous debout pour la défense des conquêtes de la révolution, pour défendre contre l'impérialisme l'U.R.S.S., la Chine révolutionnaire, les pays de démocratie populaire, la Yougoslavie, la Corée révolutionnaire et tous les mouvements révolutionnaires anti-impérialistes.

Seuls les Etats-Unis socialistes d'Europe, d'Afrique, d'Amérique latine, et du monde, garantiront dans une société en paix l'autodétermination de fous les peuples, de toutes les nationalités, sans exception aucune.

TRAVAILLEURS DES PAYS INDUSTRIELLEMENT AVANCES !

Rejetéz le capitalisme incapable de vous garantir une existence digne, le plein emploi et une véritable sécurité sociale, en imposant la sociah-sation des industries et des banques, sans indemnisation ni rachat, en assurant leur gestion sous contrôle ouvrier, en entamant une planification d'ensemble des économies sous le contrôle des organisations ouvrières |

Forcez vos partis de masse à revendiquer tout le pouvoir pour réaliser ce programme |

TRAVAILLEURS DES PAYS COLONIAUX ET SEMI-COLONIAUX !

Etendez, généralisez Vos soulèvements contre la domination insuppor-able de l'impérialisme et de ses agents.

. Combinez les objectifs de votre ue anti-impérialiste — l'expropriation des sociétés étrangères qui dominent et spolient Vos pays — avec la lutte pour des objectifs anticapitalistes, une véritable réforme agraire, la socialisation de la grande industrie, des banques et des moyens de trans. port, une industrialisation blanifiée, un véritable pouvoir prolétarien incarné dans un gouvernement ouvrier et paysan.

TRAVAILLEURS DE L'U.R.S.S., DES DEMOCRATIES POPULAIRES, DE CHINE, DE YOUGOSLAVIE !

Ÿ Ayancez hardiment vers la démocratie ouvrière, vers la liberté d'organisation, de réunion, de presse pour tous les partis ouvriers, vers la démocratisation des organisations de masse, l'indépendance des syndicats, vers eh d'un pouvoir d'Etat basé sur de véritables Soviets librement élus.

Luttez pour la libération de tous les prisonniers politiques ouvriers, pour l'abolition immédiate de toute législation anti-ouvrière, pour l'abo-ition des cadences infernales, pour la réorganisation complète de la planification associant directement les producteurs à l'élaboration, à l'exécution et au contrôle du plan, et à la gestion effective des entreprises.

TRAVAILLEURS DE TOUS LES PAYS !

Les luttes décisives pour le socialisme ont commencé.

À Dans ces luttes, vous n'avez rien à perdre que des chaînes de misère, d'oppression et de carnages périodiques.

AL Vous avez un monde à gagner, un monde nouveau dans lequel l'homme s'élèvera pour la première fois à la hauteur des possibilités humaines.

k En avant vers le pouvoir aux comités d'ouvriers et de paysans, vers la victoire mondiale du socialisme |

VIVE LA IV: INTERNATIONALE ! VIVE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !

LE IVe CONGRES MONDIAL DE LA IVe INTERNATIONALE.

Juillet 1954.

Source : Quatrième Internationale, vol.12 n°6-8, juin-août 1954 · scan (Radar, 16-014-00066).

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