Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Conclusion du rapporteur

août/septembre 1951, Third World Congress · Le IIIe Congrès mondial (16-25 août 1951) · 572 mots

In English: Conclusion of the Rapporteur — traduction assistée par machine.

Dans sa réponse, le rapporteur insista entre autres sur les points suivants :

a) Que notre intérêt particulier pour les ouvriers et les masses sous influence stalinienne ne

signifie en aucune façon que nous négligeons les ouvriers et les masses qui sont en dehors

de cette influence. Dans toute une vaste catégorie de pays (énumérés du reste aussi bien

dans les thèses que dans la résolution et le rapport), le travail essentiel n'est pas en

direction des partis communistes.

b) Que dans la question de la défense de l'URSS, comprise comme une ligne stratégique et

non pas comme un simple mot d'ordre en soi, il faut naturellement tenir compte, dans

l'application tactique, des conditions particulières de chaque pays, comme en

Allemagne par exemple, où une très grande catégorie d'ouvriers sont hostiles à toute

idée de défense de l'URSS, défense qu'ils confondent avec celle du Kremlin et du

stalinisme. Mais nulle part il ne s'agit d'abandonner notre lutte principielle sur cette

question, ni céder aux pressions, ni s'adapter aux conditions les plus faciles de travail.

Il s'agit de trouver les meilleurs moyens tactiques pour présenter la question de la

défense de l'URSS en la liant à la lutte générale des masses, et en l'introduisant selon

les formes et les moments les plus propices pour faire avancer la compréhension des

masses sur cette question.

c) La lutte des masses contre les préparatifs de guerre, leurs réactions et leurs succès

éventuels, pas seulement aux États-Unis mais aussi bien en Asie qu'en Europe, auront

naturellement une influence sur les délais de la guerre et sur les conditions dans

lesquelles elle éclaterait. Plus les masses réagiront contre les préparatifs de guerre,

plus les impérialistes se verront obligés de réexaminer, rajuster et même modifier

complètement certains de leurs plans militaires, et engager définitivement la lutte dans

les pires conditions. D'où l'intérêt majeur pour que la lutte révolutionnaire des masses

se développe dès maintenant au maximum.

d) Notre compréhension de l'inévitabilité de la guerre, de sa transformation en guerre

civile internationale, c'est-à-dire en révolution, ne signifie pas que nous ne devons

pas tenir compte dans notre propagande et agitation, dans notre presse, etc. des

aspirations des masses pour la paix, contre la guerre. Dans toute notre activité en

direction des larges couches, nous devons partir de leurs préoccupations pour les

dresser contre les préparatifs de guerre et insister (surtout quand nous sommes en

présence des masses influencées par le stalinisme) que le meilleur moyen de lutter

contre la guerre des impérialistes, c'est de lutter dès maintenant pour le pouvoir des

travailleurs.

e) Notre appréciation du caractère que revêtira nécessairement une guerre déclenchée

par l'impérialisme contre les États ouvriers et les révolutions coloniales, dans un

rapport de forces qui se maintient défavorable à l'impérialisme, se transformant dès le

début en guerre civile internationale, ne signifie pas que partout, ou au même moment,

ou avec la même intensité, la guerre se transformera en guerre civile. Cela signifie que

la tendance fondamentale, dominante, sera celle de sa transformation en guerre civile

internationale. Nous devons mettre l'accent non pas sur le particulier, l'exceptionnel ou

le secondaire, mais sur le général et le trait dominant. Nous ne fixerons pas autrement une

ligne politique.

Le rapporteur a terminé son rapport en s'adressant longuement aux délégués français et en insistant sur la nécessité et la possibilité d'un accord en ce qui concerne le travail essentiel que la section française doit accomplir en direction des ouvriers staliniens.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 4, p. 159–160 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

Une erreur sur cette page ?