Travailleurs,
Depuis près de cinq ans, la guerre impérialiste accumule des monceaux de ruines et de cadavres. Au cours de la guerre, les groupes de l'avant-garde révolutionnaire se réclamant du programme internationaliste de la IVe Internationale : le Parti ouvrier internationaliste (POI), le Comité communiste internationaliste (CCI), le groupe Octobre n'ont cessé de dénoncer cette guerre comme une guerre impérialiste dont le but est un nouveau partage du monde. Ces organisations ont développé en conséquence une politique et une action internationalistes, dénonçant comme premier ennemi « notre propre bourgeoisie », l'impérialisme français, et tendant une main fraternelle à l'ouvrier allemand contre l'impérialisme allemand, maitre actuel de l'Europe.
Pendant près de cinq ans, malgré toutes les fautes épisodiques de tel ou tel groupement, l'action des organisations se réclamant de la plate-forme de la IVe Internationale a été menée sur la base de la lutte contre l'impérialisme mondial (américain, anglais, allemand, etc.) pour la défense de l'URSS malgré sa bureaucratisation, pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile.
Aujourd'hui, nous arrivons devant le tournant décisif de la guerre : l'avance de l'Armée rouge et la révolution italienne sont les signes avant-coureurs de la formidable crise révolutionnaire qui se prépare en Europe et qui prendra toute son ampleur dès l'écroulement de l'impérialisme allemand. C'est pour ce moment que l'impérialisme anglais et l'impérialisme américain préparent leurs armées qu'ils n'ont pas voulu utiliser contre Hitler mais qu'ils s'apprêtent à jeter contre la révolution et contre le prolétariat.
Les contradictions qui rongent « l'Europe unifiée » par l'impérialisme allemand et la crise révolutionnaire qui monte posent devant l'avant-garde révolutionnaire comme une tâche brûlante la question de la construction du parti révolutionnaire : les bolcheviques-léninistes ne pouvaient ni aborder la crise révolutionnaire ni entrer désarmés politiquement dans le tournant décisif de la guerre.
Pour l'armement politique de notre organisation européenne, une Conférence européenne vient de se tenir, qui a défini, après de longues discussions, les tâches de l'organisation devant la crise révolutionnaire montante. Sur la base politique de la ligne tracée par la Conférence européenne, les trois organisations des bolcheviques-léninistes de France ont décidé de ne former qu'une seule organisation qui prend le nom de Parti communiste internationaliste, soulignant ainsi son attachement aussi bien au véritable communisme révolutionnaire, le communisme de Lénine et de Trotsky, qu'à toute la tradition politique internationale de l'Opposition de gauche de l'Internationale communiste.
Un pas en avant est ainsi fait vers la formation du véritable parti révolutionnaire qui puisse mener le combat victorieux pour la révolution prolétarienne, pour les États-Unis socialistes soviétiques d'Europe. La section française de la IVe Internationale affirme ainsi sa volonté de constituer le ferment révolutionnaire de la crise qui vient et de devenir le pôle d'attraction de tous les éléments révolutionnaires de l'avant-garde.
En ce moment décisif, la IVe Internationale regroupe ses forces, corrige ses fautes à travers une autocritique bolchevique, retrempe ses cadres et 'affirme dans l'action sa présence et son unité politique.
En ce moment décisif, la section française de la IVe Internationale appelle les ouvriers avancés à rejoindre ses rangs et à participer coude à coude à la formation d'un véritable parti bolchevique.
Contre l'impérialisme fasciste et « démocratique » ! Contre l'union sacrée !
Pour la lutte contre notre propre impérialisme ! Pour le triomphe de la révolution socialiste !
Vive le Parti communiste internationaliste ! Vive la IVe Internationale !
Le Parti ouvrier internationaliste (POI)
Le Comité communiste internationaliste (CCI)
Le groupe « Octobre »
Mars 1944